>

Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge réaffirme la nécessité de protéger la dignité et la sécurité de tous les migrants

Migrant workers displaced by the conflict in Libya queue for food at the Choucha transit camp in Tunisia

Les migrations étaient le thème central de la deuxième journée de la 32e Conférence internationale, qui s’est ouverte par une séance plénière rassemblant des représentants du CICR, de la Fédération internationale, de la Croix-Rouge mexicaine, de l’OIM, du HCR et de l’Union africaine.

La séance était présidée par Fatima Gailani qui, en tant que présidente du Croissant-Rouge afghan, une Société nationale opérant dans un pays dont sont originaires de nombreux migrants, était visiblement touchée par le sujet et a donné à la réunion un sens palpable d’urgence. « Dans tous les pays, nous entendons la même histoire », a-t-elle observé.

Les intervenants ont évoqué leurs expériences respectives du défis des migrations, mais un sentiment commun prévalait manifestement: ensemble, à travers une approche complémentaire, nous pouvons et nous devons faire davantage. Pour cela, toutefois, l’aide humanitaire doit être étayée par une mobilisation étatique.

« Certes, une action concertée s’impose parmi les Sociétés nationales des régions affectées, mais, surtout, il faut impérativement que les gouvernements optimisent leurs politiques relatives au phénomène migratoire », a commenté Carlos Freaner, vice-président de la Croix-Rouge mexicaine, évoquant l’expérience américaine.

« En mettant en place des mécanismes de protection et d’assistance adéquats, les Etats devraient s’employer à minimiser les terribles souffrances aujourd’hui endurées par les migrants du fait, notamment, des violations de leurs droits fondamentaux, de l’extorsion, des violences physiques et psychologiques et de l’absence de systèmes de réponse efficaces », a-t-il poursuivi,

Volker Türk, haut-commissaire adjoint des Nations unies en charge de la protection, a abondé dans ce sens. « Le partenariat qui nous unit au CICR, à la Fédération internationale et aux Sociétés nationales est extrêmement important. Les Sociétés nationales disposent de ce formidable réseau de volontaires qui sont en première ligne et qui incarnent de manière très concrète la solidarité humaine en cette ère de populisme et de xénophobie. »

Les leaders de la Fédération internationale et du CICR ont rappelé aux Etats la nécessité impérieuse de formuler des politiques et des lois focalisées sur les gens.

« Les Etats ont des préoccupations sécuritaires légitimes, mais celles-ci ne doivent pas être au coeur des politiques migratoires au détriment des considérations humanitaires et du respect des droits de tous les migrants. En bref, les impératifs sécuritaires ne doivent pas l’emporter sur l’impératif humanitaire », a souligné Yves Daccord, directeur général du CICR.

« Il faut faire plus, mieux et plus vite, car chaque minute compte », a conclu le secrétaire général de la Fédération internationale Elhadj As Sy. « Les termes ‘migrants’, ‘réfugiés’, ‘populations en mouvement’ ne reflètent que des situations dans lesquels les gens peuvent se trouver, non pas des identités. Nous devons protéger les gens, pas les frontières. »

La Fédération internationale et le CICR ont signé un engagement conjoint réaffirmant leur détermination à faire davantage pour les migrants vulnérables. Les discussions à haut niveau à Genève s’appuient sur les engagements énoncés dans la Résolution 3 de la 31e Conférence internationale de 2011, endossée par les Etats et le Mouvement.

Lancement de la Coalition du milliard pour la résilience

Aujourd’hui, la Coalition du milliard pour la résilience a été lancée dans le cadre d’une commission synthétisant voix et perspectives clés pour un partenariat efficace.

 

wordcloud-6

Visitors to the International Conference have been talking about their ideas for improving resilience. See more on our Tumblr.

Elhadj As Sy, secrétaire général de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a réaffirmé la volonté de l’institution de combler les lacunes critiques de la résilience communautaire à travers la Coalition du milliard et de promouvoir l’action en vue de concrétiser les hautes ambitions des Objectifs du développement durable.

Durant la séance, M. As Sy a posé des questions cruciales sur ce qui définit le succès. « Mesurerons-nous notre réussite par le nombre croissant des personnes vulnérables assistées? Ou considérerons-nous comme un accomplissement le fait de réduire le nombre des personnes vulnérables à des catastrophes et risques croissants?

Neil McFarlane, responsable de l’unité de la coordination régionale et de la mise en oeuvre nationale d’INISDR, a suggéré que les communautés et agglomérations pourraient être encouragées à agir à travers des initiatives très simples, et que toute action et coalition devait rester inclusive, car aucune organisation ne détient à elle seule toutes les clés du problème.

Toutes les délégations ont été invitées à se joindre à la Coalition du milliard pour la résilience, dont l’objectif est ambitieux, mais simple: faire en sorte que, d’ici 2015, un milliard d’habitants de la planète au moins aient pris des mesures actives pour renforcer leur résilience.

« Cette initiative est un plaidoyer collectif pour changer notre mode d’action et placer les gens et les acteurs locaux au centre de tous nos efforts », a déclaré le secrétaire général. « C’est un plaidoyer des communautés du monde entier qui, année après année, endurent des chocs prévisibles et récurrents. »

Les engagements au titre de la Coalition du milliard sont toujours ouvert: Promouvoir la résilience communautaire et contribuer au développement durable : http://rcconf.sbk3011.com/2015/12/08/building-community-resilience-and-contributing-to-sustainable-development/

Commission : les soins de santé en danger

La sécurité des personnels, établissements et transports sanitaires est vitale pour les blessés et les malades, tant civils que militaires, et pour la pérennité des services médicaux dans leur ensemble durant les conflits armés, les catastrophes et autres crises.

La violence envers les personnels, établissements et véhicules sanitaires peut paralyser le fonctionnement des services médicaux d’urgence précisément quand ils sont le plus nécessaires, avec des effets désastreux pour les communautés locales. En 2011, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a décidé de s’atteler à ce défi à travers une initiative de longue haleine: le projet intitulé ‘Les soins de santé en danger’.

Se fondant sur la Résolution 5 de la 31e Conférence internationale, le Mouvement a mobilisé ses délégations et ses Sociétés nationales, les Etats, les acteurs de la santé et autres partenaires en vue de renforcer l’action dans ce secteur, de formuler des recommandations pratiques pour garantir la mise en oeuvre sécurisée de services de santé, et pour prendre des mesures visant au renforcement de la protection des blessés et des malades, des personnels, établissements et transports médicaux, ainsi que pour faciliter l’accès et la fourniture de services impartiaux.

Le CICR, en coopération avec les Etats, les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les organisations non gouvernementales, a organisé entre 2012 et 2014 douze consultations mondiales sur neuf thématiques, lesquelles ont donné le jour à des recommandations très concrètes.

La première des deux séances de la Commission sur les soins de santé en danger tenue le 8 décembre avait pour objet d’informer la 32e Conférence internationale des progrès enregistrés depuis le lancement de l’initiative, d’envisager l’adoption et l’adaptation des recommandations, et d’échanger sur des mesures positives prises par différents acteurs.

Le président de la Commission, Son Excellence Nthuthang Khumoetsile Martin Seleka, Directeur des Affaires humanitaires au Département des relations et de la coopération internationales de la République sud-africaine, a encouragé les membres de la Commission à poursuivre leurs efforts pour convertir les recommandations en mesures concrètes sur le terrain et à souscrire des engagements dans ce sens.

Dans son allocution, Son Excellence Steffen Kongstad, Ambassadeur et Représentant permanent auprès des Nations unies et autres organisations internationales à Genève de la Mission permanente de Norvège, a déclaré que son pays, tout en continuant de soutenir le CICR et la Croix-Rouge de Norvège dans leurs efforts pour assurer des soins de santé impartiaux, s’employait parallèlement à stigmatiser et à dissuader les attaques contre les personnels et installations de santé.

Evoquant son expérience personnelle et celle de sa Société nationale, Hazem Bakleh, directeur médical du Croissant-Rouge arabe syrien, a noté que les attaques dans des zones de conflit entraînent mort, maladie et destruction des services de santé.

Pascale Meige, directrice adjointe des opérations au CICR, a déclaré que les consultations allaient se poursuivre et a noté que le CICR avait rédigé près de 150 recommandations sur les soins de santé en danger, exhortant tous les Etats Parties, Sociétés nationales et autres partenaires à les adopter et à les adapter à leurs contextes respectifs.

Histoire d'un volontaire

Le pouvoir de l’humanité au Soudan

La vie de Tarig Isaac Ahmed Aldouma, 35 ans, a basculé il y a une dizaine d’années. Alors qu’il faisait route avec des collègues volontaires du Croissant-Rouge soudanais pour aider à évacuer des blessés suite à une attaque armée à Khartoum, son équipe s’est trouvée nez à nez avec des rebelles. « Ils ont pointé leurs armes sur nous. Nous avons pensé que notre dernière heure était venue. J’étais terrifié », raconte-t-il. « Puis, soudain, ils ont baissé leurs fusils et nous ont laissés passer. Ils avaient vu notre emblème et compris ce qu’il signifiait. C’était stupéfiant d’assister à une telle démonstration du pouvoir de l’humanité en action. »

Depuis lors, les conditions de sécurité se sont améliorées. « C’est plus sûr, maintenant », affirme Tarig. « J’ai affaire à des gens normaux vivant des existences normales au sein de communautés normales. »

Il s’est engagé au Croissant-Rouge en 1999 à l’âge de 19 ans, travaillant principalement comme secouriste. Des années plus tard, quand le Soudan était à la veille de se diviser, Tarig et ses collègues ont aidé à développer des branches Croix-Rouge pour le futur nouveau pays voisin, le Soudan du Sud.

« Nous ne raisonnons pas comme des politiciens », explique Tarig. « Nous sommes guidés par les principes du Mouvement et nous avions le devoir de tout faire pour aider notre nouvelle Société nationale soeur. »

Seize ans après avoir rejoint le Mouvement, Tarig a bouclé la boucle. Il est aujourd’hui employé de la Société nationale en charge des volontaires, sa tâche consistant à la fois à assurer leur formation et à entretenir une solide base de volontaires actifs. « Je n’avais jamais envisagé la chose sous cet angle – boucler la boucle », commente-t-il. « mais c’est exact. J’ai démarré comme jeune volontaire et, aujourd’hui, j’aide d’autres jeunes volontaires à aller de l’avant. »

Manifestation parallèle

Renforcer la préparation juridique en prévision des catastrophes

« Les Îles du Pacifique sont de petites îles, mais elles sont affectés de façon disproportionnée par les catastrophes naturelles. Elles sont isolées et souvent disséminées à travers de vastes étendues d’eau, ce qui les rend très difficiles d’accès. Elles sont très exposées aux effets du changement climatique et, bien sûr, nous avons constaté non seulement une augmentation du nombre des catastrophes, mais aussi de leur intensité », a déclaré Son Excellence Nazhat Shameem Khan, ambassadeur de Fidji auprès des Nations unies, dans une introduction à la manifestions ‘Renforcer la préparation juridique pour les secours lors de catastrophes et la réduction des risques’.

Durant cette séance, les participants ont évoqué les difficultés rencontrées par de nombreuses Sociétés nationales lorsqu’une aide extérieure est requise. « Nous avons reçu des conteneurs remplis de vêtements ou de médicaments inutiles », a rapporté Jacqueline Deroin, de la Croix-Rouge de Vanuatu. « Ce dont nous avons besoin, c’est d’un cadre de référence plus complet qui prenne en compte les réalités de notre région. »

La Croix-Rouge de Samoa avait préparé un jeu de rôles pour illustrer ce qui se passe réellement quand une catastrophe frappe un pays du Pacifique et quand les secours et les volontaires commencent à arriver. « Il y a d’innombrables obstacles qui retardent, voire empêchent purement et simplement leur accès », a déclaré un des acteurs.

Elhadj As Sy, secrétaire général de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, était présent à la manifestation. Il a reçu un présent de la part des volontaires de la Croix-Rouge de Vanuatu et une danse a été exécutée en son honneur.

Manifestation parallèle

L’impact humanitaire des armes nucléaires

Les conséquences de la dernière bombe atomique se sont sentir encore aujourd’hui, 70 ans après.

Cinq partisans majeurs de l’élimination des armes nucléaires – Peter Maurer, président du CICR, Knut Langeland, représentant spécial de la Norvège, Thomas Hajnoczi, représentant permanent de l’Autriche, Patricia Lewis, directrice de recherche à Chatham House, et Masao Tomonaga, directeur honoraire de l’Hôpital Croix-Rouge de la Bombe atomique de Nagasaki au Japon – ont expliqué les risques et conséquences de ces engins et évoqué la façon dont le Mouvement pourrait influer sur le débat relatif au désarmement nucléaire.

Chacun a argumenté en faveur de l’élimination des armes nucléaires et tous ont noté que le débat avait dépassé l’émotion pour se concentrer sur les faits et les chiffres. Les intervenants ont été unanimes sur le fait que l’élimination de ces armes passait par la volonté politique des Etats (possesseurs comme Etats non nucléaires) et par une prise de conscience et un engagement renforcés.

Le docteur Masao a affirmé que les conséquences du recours à l’arme atomique devraient à elles seules suffire à emporter l’adhésion à la cause du désarmement, soulignant que, 70 ans après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, les hôpitaux de la Croix-Rouge du Japon continuent de traiter des milliers de survivants souffrant des effets à long terme de l’exposition au rayonnement nucléaire.

Les conséquences de la dernière bombe atomique se sont sentir encore aujourd’hui, 70 ans après.

Cinq partisans majeurs de l’élimination des armes nucléaires – Peter Maurer, président du CICR, Knut Langeland, représentant spécial de la Norvège, Thomas Hajnoczi, représentant permanent de l’Autriche, Patricia Lewis, directrice de recherche à Chatham House, et Masao Tomonaga, directeur honoraire de l’Hôpital Croix-Rouge de la Bombe atomique de Nagasaki au Japon – ont expliqué les risques et conséquences de ces engins et évoqué la façon dont le Mouvement pourrait influer sur le débat relatif au désarmement nucléaire.

Chacun a argumenté en faveur de l’élimination des armes nucléaires et tous ont noté que le débat avait dépassé l’émotion pour se concentrer sur les faits et les chiffres. Les intervenants ont été unanimes sur le fait que l’élimination de ces armes passait par la volonté politique des Etats (possesseurs comme Etats non nucléaires) et par une prise de conscience et un engagement renforcés.

Exposition

Les lauréats du concours artistique ‘Pour un accès plus sûr’

L’équipe du projet ‘Pour un accès plus sûr’ a le plaisir d’annoncer les lauréats de son concours artistique.

Le premier prix va à la Croix-Rouge du Nigeria pour une oeuvre signée Abraham Adeyemo Adedayo, 22 ans. Abraham est membre de la Croix-Rouge du Nigeria et étudiant en médecine vétérinaire à l’Université d’Ibadan.

Le deuxième prix est décerné à la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo pour une oeuvre signée Jean-Guy Mavitidi Kuntuala, 50 ans. Jean-Guy est volontaire depuis 1996 et concepteur graphique du bulletin interne de la Société nationale intitulé ‘Solferino’.

Le troisième prix est attribué au Croissant-Rouge arabe syrien pour une oeuvre de Basil Flayes, 23 ans. Basil est volontaire à la branche d’Alep et diplômé de la faculté des beaux arts et des arts appliqués d’Alep, où il occupe un poste d’enseignant.

L’équipe ‘Pour un accès plus sûr’ du CICR félicite les talentueux lauréats et remercie tous les participants pour leurs passionnantes contributions.

Commission

Prévenir et répondre à la violence sexuelle et sexospécifique

A l’occasion du 15e anniversaire de la Résolution 1325 des Nations unies, la Conférence internationale a, pour la première fois, organisé une commission sur la violence sexuelle et sexospécifique.

Présidée par Son Excellence Nazhat Shameem Khan de Fidji, la Commission a souligné que la violence sexuelle et sexospécifique constitue une des formes les plus graves de violence, laissant des séquelles souvent irréparables à ses victimes et à leur entourage. Cette forme de violence est utilisée comme arme de guerre dans la quasi totalité des conflits et elle est aussi très courante parmi les communautés affectées par des catastrophes.

Partenariat avec les entreprises : pas seulement le portefeuille

Les organisations humanitaires passent-elles à côté du potentiel complet de la collaboration avec les entreprises privées dans leur recherche de solutions aux défis humanitaires complexes de notre époque? Telle était une des questions posées lors d’une manifestation parallèle organisée mardi sur les avantages et les écueils des partenariats entre les secteurs privé et humanitaire.

Pour les humanitaires, les entreprises sont souvent regardées essentiellement comme des bailleurs de fonds, plutôt que de véritables partenaires apportant expertise, aptitude à la solution des problèmes et capacité technologique.

Exhibition spaces

National Societies and others create presentations to show their work. Pictures: Renata Barradas

Dialogue humanitaire

Des solutions locales pour des problèmes globaux

Recourant à une méthodologie novatrice, la séance de dialogue humanitaire ‘A Vision Lab’ consacrée aux changements climatiques et aux risques de catastrophes a incité les participants à adopter une approche différente pour la réflexion et l’élaboration de solutions en relation avec les conséquences humanitaires du changement climatique.

Avec un mur couvert de dessins et un artiste illustrant en direct les discussions, les participants ont pu bâtir un espace sécurisé pour s’exprimer à la fois en tant qu’individus et comme membres d’une communauté.

Les objectifs de la séance consistaient à renforcer la prise de conscience et à créer un espace constructif en vue d’intégrer les problèmes locaux à l’agenda mondial, et d’inspirer des actions concrètes face à ces défis humanitaires.